Days Gone avait fait forte impression à l’E3 2016 avec sa horde de mutants qui pourchassait sans relâche notre héros. Une démo techniquement très impressionnante qui peinait pourtant à expliquer le véritable gameplay de ce titre. Maintenant que l’on a pu le retourner dans tous les sens, on a pu découvrir un jeu en monde ouvert résolument narratif et qui, malgré quelques défauts, a réussi a nous accrocher à la manette pendant toute l’aventure.

Après une série de jeux exclusifs à la PS4 d’une qualité éclatante (God of War en tête), cette nouvelle exclusivité Playsation était attendue au tournant tant son concept à base de horde de mutants en furie paraissait difficile à mettre en scène. Il s’agit également de l’une des dernières vraies exclusivités de la PS4, avant que la PS5 ne commence à pointer le bout de son nez. Bref, Days Gone était attendu par les amateurs de monde ouvert à tendance zombiesque mais aussi par les fans Playsation.

Un scénario de qualité mais un peu décousu

Et le résultat n’est pas décevant. Un élément surprenant est le niveau très poussé de la narration dans un jeu qui ne semblait pas vraiment aller dans cette direction au départ. Même si le monde ouvert est le véritable héros du jeu, on suivra les aventures de Deacon dans cet univers apocalyptique avec grand intérêt. Sans atteindre les sommets narratifs d’un Last of Us (pour ne citer que lui), Days Gone nous propose une histoire poignante mais qui a tendance a un peu trop s’étendre sur des arcs narratifs secondaires peu passionnants. Si certaines cinématiques réussissent presque à nous tirer une larme, il est vraiment dommage que les scénaristes n’aient pas réussi à maintenir le rythme tout au long d’une histoire que l’on pourra trouver même un peu tirée en longueur.

Le fait de permettre d’avancer dans les différents arcs narratifs totalement (ou presque) librement part d’une bonne intention, celle d’offrir au joueur un contrôle total de son histoire mais dans la pratique, trop de liberté tue l’émotion. Résultat : l’histoire parait par moment décousue et sans une ligne directrice à même de nous immerger pleinement dans l’histoire, pourtant très intéressante, de Deacon. Techniquement, on constatera aussi que les cinématiques ne sont pas toutes aussi impeccables que dans d’autres productions Playstation. Certains visages manquent d’expressivité tout comme certaines textures paraissent vraiment dater d’une autre époque.

Cela n’empêche pas Days Gone de nous proposer un scénario très agréable à suivre sans pourtant atteindre le niveau de perfection auquel Playstation nous avait habitué ces dernières années.

Un monde ouvert très riche mais très classique

Difficile de donner à Days Gone le prix du monde ouvert le plus innovant. Si, comme moi, vous êtes un fan des mondes ouverts, bien peu d’éléments viendront vous surprendre. Néanmoins, difficile aussi de le critiquer pour son monde ouvert tant celui-ci est riche, complet et ne nous laisse pas respirer une minute. Au fil de notre découverte, on passera donc de camps alliés en camps alliés, remplissant les quêtes proposées pour gagner en confiance et en XP. Petit à petit, ce monde si hostile paraîtra donc (un peu) moins hostile tandis que l’on débloquera doucement nos compétences. Du classique, on vous disait…

Au combat, le gameplay s’avère une nouvelle fois très classique mais totalement abouti. Que ce soit au corps à corps ou à distance, on prend un réel plaisir à massacrer du mutant et de l’humain belliqueux mais c’est en mode infiltration que le gameplay de Days Gone se déguste le mieux. Rien de particulièrement incroyable mais une manière de jouer que j’ai toujours appréciée et qui fonctionne très bien ici, malgré les IA’s assez limitées de nos ennemis.

Pour nos déplacements, nous disposons bien entendu de la moto de Deacon et comme tout bon motard, celle-ci est véritablement son petit bébé. On peut ainsi la customizer et la modifier de fond en comble. Elle nous servira aussi très souvent pour les scènes de poursuite. Elle en étonnera plus d’un par son pilotage étonnement réaliste tout en n’empêchant pas une physique parfois un peu capricieuse. Elle s’avère assez difficile à maîtriser et pourra vite vous décourager si vous ne comprenez pas comment la dompter. A noter aussi qu’il faudra (trop) régulièrement lui remettre de l’essence. Cet élément du gameplay paraissait assez intéressant pour son côté « Survival » sans concessions mais on finit vite par pester sur la gourmandise de ce moteur d’avion…

La horde, véritable terreur de Days Gone

Un des gros points forts du jeu se retrouve dans la manière dont les habitants du monde ouvert cohabitent entre eux. Il y a véritablement une vie dans ce monde en dehors de notre personnage et on va pouvoir en profiter dans notre approche du combat. Ainsi, attirer quelques mutants ou quelques animaux sauvages dans un campement ennemi nous aidera à nettoyer ce campement à moindre frais mais attention au retour de flamme qui pourrait bien vous transformer en prochaine victime. Ce système est très impressionnant et permet vraiment de tester des stratégies originales.

Et puis, il y a les différentes hordes de mutants qui parsèment la carte. Celles-ci ont conservé toute la puissance visuelle et sonore de la présentation originale du jeu. Autant vous dire qu’avant de les affronter, il faudra un peu monter en puissance et prévoir une stratégie. On peut regretter que le principal élément original du jeu ne se dévoile réellement qu’après de longues heures d’apprentissage mais vous ne serez pas prêt d’oublier votre premier affrontement contre cette marée de mutants qui n’a qu’un objectif : vous réduire en charpie.

Les affrontements avec la horde sont souvent dantesques et peuvent être très longs, mettant vos nerfs et votre équipement à rude épreuve. Voilà sans doute la plus grande réussite de ce titre.

Terminons enfin par l’aspect technique de Days Gone. Un point pas tout à fait positif tant on sent que le jeu manque de finitions. Je n’ai pas été confronté à des problèmes particulièrement sérieux mais des petits éléments (qui se corrigent au fil des patches) nuisent au plaisir de jeu (ralentissements soudains, chargement de texture parfois tardive, etc). A l’opposé, la direction artistique est de toute beauté. Si les décors paraissent parfois répétitifs, les éclairages splendides transcendent notre expérience visuelle faisant de Days Gone un jeu partagé entre de vilains défauts techniques occasionnels et pourtant une vraie inspiration artistique… Un mélange plutôt surprenant.

Conclusion

Days Gone nous propose un monde ouvert très riche et bien abouti tout en péchant par un manque criant d’innovation. Seule l’affrontement des hordes de mutants nous offre des moments d’anthologie tandis que le reste du jeu nous propose un gameplay solide et très complet tout en ne déclenchant jamais cette petite étincelle qui sépare les bons jeux des jeux inoubliables. Néanmoins, on suivra les aventure de Deacon dans ce monde à l’agonie avec grand plaisir tout en profitant de sa grande richesse et de son énorme contenu qui nous assurera de très nombreuses heures de jeu.

Ma Note : 8/10

Days Gone est disponible en exclusivité sur PS4.

Un commentaire sur “[Test] Days Gone, une virée infernale en territoire mutant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *