Lara Croft est une des héroïnes les plus reconnaissables du jeu vidéo. Elle fait partie de ces rares personnages, au même titre que Mario ou Sonic, a véritablement représenter notre passion auprès du grand public. Avec Shadow of the Tomb Raider, Square Enix conclut la trilogie moderne de Lara Croft. Cette conclusion sera-t-elle à la hauteur des attentes ? Voici notre test de Shadow of the Tomb Raider…

Après une première vie d’aventureuse sexy et déterminée dans les années 90 et le début des années 2000, le studio Crystal Dynamics a brillamment repensé le personnage en 2013 avec un excellent reboot (lire notre test ici). Cette nouvelle Lara, plus moderne, plus en accord avec son époque nous avait impressionné par son caractère trempé, camouflé sous la naïveté apparente de sa jeunesse. Très vite (trop vite?), une suite aux aventures de la belle Lara nous est arrivée avec Rise of the Tomb Raider (lire notre test ici). Sans apporter de réelles améliorations de gameplay, ni impressionner outre-mesure par sa scénarisation, Rise of the Tomb Raider reste une petite déception pour les joueurs qui, comme nous, étaient tombés sous le charme renouvelé de Lara.

Alors que l’on peut imaginer que Crystal Dynamics (le studio derrière le reboot) planche sur le prochain épisode des aventures de Lara (sans doute pour la prochaine génération de consoles), c’est Eidos Montréal qui prend le relais. Le studio canadien a déjà signé le brillant reboot de Deus Ex et on pouvait donc s’attendre à découvrir une véritable suite et pas une simple prolongation de l’aventure originale.

Un gameplay qui peine à se renouveler.

Si vous avez déjà joué  à l’un des deux épisodes précédents, peu de surprises au programme. Le gameplay n’a quasiment pas évolué et même s’il reste un exemple du genre, on pouvait espérer en découvrir un peu plus. Le cœur du jeu reste un mélange ingénieux entre « crafting » et montée en expérience. Un concept qui, à défaut d’être original, est bien exploité et reste toujours aussi addictif. Les principales nouveautés sont à chercher du côté des combats ou plus précisément des nouvelles possibilités d’infiltration. Dans les épisodes précédents, Lara se montrait parfois un peu soupe au lait, n’hésitant pas attaquer ses adversaires de front. C’est toujours possible ici mais la construction du jeu encourage le joueur à utiliser les nombreuses possibilités d’infiltration à la disposition de Lara. Par exemple, se couvrir de boue, en plus d’être bon pour la peau, aidera Lara à se faufiler discrètement.

Ce parti pris discrétionnaire sied assez bien à Lara qui n’hésitera quand même pas à sortir la grosse artillerie quand il le faut. Dommage du coup que l’IA des ennemis soit toujours un peu en retrait. Il s’agit d’un défaut récurrent du genre « Infiltration » (regardez Assassin’s Creed) mais c’est toujours un peu énervant d’être opposé à des ennemis au comportement aussi erratique qui peuvent être en même temps idiot comme une chaussette et doué d’un sixième sens.

Shadow of the Tomb Raider se structure autour de deux hubs principaux nous donnant accès aux missions principales et aux tombeaux. Ce semblant de monde ouvert s’avère franchement réussi tant il déborde de vie, d’interaction et d’activités. Ce jeu est loin d’être un jeu ouvert et continue d’exploiter efficacement sa structure historique de missions à remplir pour progresser dans l’histoire mais on sent dans la présence de ces hubs, une volonté évidente de tester de nouvelles choses.

La première étape vers un Tomb Raider en monde ouvert ? L’avenir nous le dira.

Une ambiance sombre pour un jeu résolument « dark ».

Si le gameplay n’évolue que peu, l’ambiance de Shadow of the Tomb Raider poursuit son évolution vers une certaine noirceur déjà entamée dans Rise of The Tomb Raider. Lara Croft ne devient pas, à proprement parler, un personnage sombre mais on découvrira dans ce jeu une autre facette de sa personnalité.

Sans atteindre des sommets d’écriture le scénario de Shadow of the Tomb Raider se montre convaincant et même parfois surprenant pour un jeu basé sur une licence aussi célèbre. Lara conserve encore un peu sa naïveté du reboot mais elle aura fort à faire pour conserver sa santé mentale au fil des événements auxquels elle va faire face. On ne peut s’empêcher de retrouver dans ce troisième épisode « moderne » de nombreux éléments qui nous font penser à la Lara des années 1990-2000. La boucle serait-elle bouclée ?

Techniquement, Shadow of the Tomb Raider est une vraie réussite. Même si les environnements manquent un peu de variété, les artistes d’Eidos Montréal ont quand même réussi à m’impressionner par leur capacité à nous proposer des points de vue inoubliables, utilisant à merveille le matériel géographique et historique à leur disposition. Visuellement, la qualité est bien au rendez-vous. A condition de disposer d’une console de dernière génération (PS4 Pro ou Xbox One X) et d’un écran 4K de bonne qualité, Lara va vous en mettre plein les yeux pour un des plus beaux jeux de l’année. Dommage du coup que les cinématiques soient en léger retrait avec des des visages qui manquent parfois un peu d’expression. Rien de suffisant pour ruiner l’immersion mais on est quand même un cran en dessous des ténors du genre.

Un petit mot encore sur Lara Croft elle-même. On vous l’avoue : nous étions tombés amoureux de la Lara Croft du reboot en 2013. Mignonne, sexy mais pas trop, son visage fin et rajeunit lui conférait une certaine naïveté en parfait désaccord avec ce qu’elle allait vivre. La Lara Croft de Shadow of the  Tomb Raider a pris un peu de bouteille. Même si elle reste résolument proche de sa refonte de 2013, son visage s’est arrondi, tandis que sa peau semble plus lisse que jamais. Je ne peux m’empêcher de la trouver moins charismatique, moins séduisante que son modèle du reboot.

Conclusion

Shadow of the Tomb Raider constitue une nouvelle aventure réussie pour Lara Croft. Plus sombre, plus pessimiste, cet épisode joue finalement le rôle de lien entre le reboot de 2013 et les épisodes originaux. L’ambiance et le scénario constituent les points forts de cette nouvelle aventure, tandis que le gameplay s’avère souvent trop classique pour véritablement nous surprendre. Seule son orientation vers l’infiltration réussit à apporter un peu de nouveauté.

Pourtant et malgré ces défauts, ce jeu reste excellent pour tout amateur de la belle aventurière brune et j’ai pris un vrai plaisir à vibrer à ses côtés. Il constitue, à ce titre, une bonne conclusion à la nouvelle trilogie sans atteindre la qualité du reboot de 2013. On est maintenant très curieux de découvrir ce que Crystal Dynamics nous prépare pour le futur.

Ma note : 8,5/10

Shadow of the Tomb Raider est disponible sur PS4, Xbox One et PC.

   

2 commentaires sur “[Test] Shadow of the Tomb Raider, une Lara plus sombre que jamais.

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