[Cinéma] Assassin's Creed, le film qui réconciliera Templiers et Assassins... ou pas 
par Quantic

mardi 20 décembre 2016 18:13 0 commentaire

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Assassin's Creed est une licence de jeu-vidéo qui compte beaucoup pour moi. Altair m'a déçu mais Ezio a su conquérir mon coeur de gamer (oui, désolé Aelya) et même si la licence a un peu perdu de sa grâce ces dernières années, je reste un fan absolu de cette série d'Ubisoft.

Alors quand j'ai appris que la 20th Century Fox produisait une adaptation au cinéma (et avec Michaël Fassbender dans le rôle principal en plus), vous imaginez que mon petit coeur de geek s'est emballé. Mais cette fois, c'est bon, j'ai vu le film et voici mon avis de gamer mais aussi d'amateur de cinéma...


Adapter un jeu-vidéo au cinéma n'est pas chose aisée.

Même quand le scénario est bon, cela reste une tâche difficile de concentrer en 2 heures de visionnage passif l'équivalent de dizaines d'heures de jeu actif. Et bien souvent, tout le monde ressort déçu. Les gamers ne retrouvent pas les sensations qu'ils avaient tant appréciées et le grand public se demande bien pourquoi ce jeu a pu faire un tel buzz.

Dire qu'Assassin's Creed - le film - réussit à s'affranchir de cette malédiction des adaptations de jeu-vidéo serait exagéré. Le film présente de nombreux défauts dans sa structure et dans sa narration mais là où il se dévoile comme une vraie réussite, c'est dans sa fidélité à l'ambiance des jeux d'origine.

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Callum Lynch (Michaël Fassbender) est exécuté pour meurtre mais au lieu de se réveiller dans l'au-delà, il reprend conscience dans les locaux de la fondation Abstergo avec à ses côtés le Docteur Sophia Rikkin (Marion Cotillard). Cette scientifique lui apprend qu'il est la pièce clé pour mettre la main sur un artefact légendaire, la pomme d'Eden. Au moyen d'un appareil révolutionnaire, l'Animus, il va revivre les souvenirs de son ancêtre Aguilar, plongé en pleine inquisition espagnole dans une guerre sans merci entre Templiers et Assassins... mais cette guerre continue peut-être aujourd'hui...

Les bases du scénario ne surprendront pas les fans du jeu-vidéo.

A quelques détails près, le scénario s'apparente à l'histoire du premier jeu Assassin's Creed mais je vous rassure, la suite de l'histoire diffère assez rapidement de ce que l'on connait déjà. Le choix de l'époque que nous allons revivre, l'inquisition espagnole, est intéressante car cette période troublée est un background idéal pour raconter la guerre entre Templiers et Assassins. Bravo d'ailleurs aux producteurs d'avoir conservé la langue espagnole pour toutes les scènes du passé. Difficile de mieux s'immerger !

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Les premières minutes se déroulent sur un rythme assez lent car même si l'histoire est bien connue des gamers, de nombreuses scènes d'exposition s'avèrent nécessaire pour installer le film. Les connaisseurs trouveront le temps long tandis que je doute que les novices comprennent vraiment tout du premier coup.

Heureusement, les premières scènes d'action dans l'Espagne de l'inquisition ne tardent pas et là, on prend une vraie claque visuelle.

Toutes les séquences dans le passé sont juste incroyables. Aguilar déborde de charisme et ses scènes de parkour sont merveilleusement bien mises en valeur par une réalisation et un montage inspiré. C'est bien simple, on retrouve les mêmes frissons à regarder Aguilar voltiger d'un mur à l'autre que ce que l'on pouvait ressentir avec Ezio dans le jeu-vidéo. L'ambiance du jeu est parfaitement retranscrite et au fil du film, les fans auront droit à leurs petits clins d’œil et à quelques scènes qui vous donneront des frissons si, comme moi, vous êtes fans du jeu-vidéo.

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Là où les choses se gâtent un peu, c'est dans le choix des scénaristes de s'attarder longuement sur notre époque moderne. On se souvient que les aventures modernes de Desmond Miles dans le jeu-vidéo se sont un peu plus réduites dans chaque jeu-vidéo jusqu'à disparaître quasi complètement et il y a une raison simple, cela ne marchait tout simplement pas.

Ici, je ne serais pas aussi catégorique, l'interconnexion entre passé et présent est mieux amenée et on se sent impliqué dans le devenir de Callum autant que dans celui d'Aguilar. Néanmoins, la différence de rythme entre passé (à toute vitesse) et présent (où l'on ne passe la seconde qu'en tout fin de film) créé un décalage qui nuit à la capacité du film à capter notre attention.

On sent également que pour créer Aguilar, les auteurs se sont fortement inspirés d'Altair (du premier jeu). Aguilar et son descendant Callum sont plutôt réussis mais ils leur manque un trait d'humour (un peu comme Ezio, le héros du second jeu) pour rendre le film plus léger.

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Côté Acteurs, Michaël Fassbender est, comme d'habitude, excellent mais je l'ai trouvé moins habité par son rôle. En tant qu'Aguilar, rien à dire, l'Assassin, c'est bien lui mais en tant que Callum, on sent bien qu'il se heurte à un personnage avec lequel il est difficile de faire du grand art.

Marion Cotillard hérite du rôle le plus difficile, celui de la scientifique qui a un peu le derrière entre deux chaises : faire avancer la recherche de la Pomme d'Eden ou apporter au monde sa contribution scientifique. Elle se retrouve donc souvent à contre-courant de la narration du film et dispose de bien peu de cartouches dans ses confrontations avec Michaël Fassbender. Le reste du casting déroule sans grande flamboyance. Mention spéciale quand même à Micheal K. Williams et Ariane Labed.

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Conclusion

Assassin's Creed, le film, n'est pas un chef d'oeuvre mais pour un film tiré d'un jeu-vidéo, il tire bien son épingle du jeu (désolé) en restant fidèle au jeu-vidéo. Les scènes dans le passé se montrent inspirées et spectaculaires à souhait tandis que le présent pèche par une différence de rythme qui n'aide pas le spectateur à rentrer dans l'histoire.

Cette attention trop importante pour le présent est peut-être liée à la nécessité d'installer l'univers dans sa version cinéma en attendant une éventuelle suite (on parle déjà d'une possible trilogie) mieux équilibrée.

En attendant, les novices du jeu seront abasourdis par les scènes d'action et peut-être un peu perdus par les manquements du scénario tandis que les fans du jeu retrouveront avec plaisir l’ambiance Assassin's Creed.

Je termine comme il se doit par mon petit credo de l'Assassin : "Nothing is True, Everything is Permitted". Ça fait longtemps que j'essayais de la caser celle-là.

 

Assassin's Creed, le film est dans tous les cinémas dès ce mercredi 21 Décembre.

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