[Test] Dishonored, et si les baleines sauvaient l’humanité
mardi 30 octobre 2012 19:15 0 commentaire
Dishonored est un des titres les plus attendu de cette fin d’année. Il faut dire que le menu est alléchant : un jeu d’infiltration dans un univers totalement original de la part d’Arkane Studios, les géniaux créateurs d’Arx Fatalis.
Voilà de quoi faire baver !
Peste, assassinat et baleine, cherchez l’intrus...
Et ne cherchez pas trop, c’est un piège. Il n’y a pas d’intrus et c’est bien là, la force de l’univers incroyable qu’Arkane Studios a créé.
Imaginez que la renaissance n’a jamais eu lieu mais que l’humanité a suivi une voie parallèle, rajoutez une épidémie de peste et saupoudrez légèrement le tout de bonnes intrigues politique et vous obtiendrez l’univers unique de Dishonored.
Dans cet univers, pas de pétrole mais de l’huile de baleine pour alimenter les moteurs. La baleine est donc devenue un bien de valeur et les chasseurs de baleines, les vrais héros des temps modernes.
Nous incarnons Corvo, garde du corps de l’impératrice, envoyé en mission dans les îles pour trouver un remède à la peste qui sévit dans la ville et qui menace l’empire. Tandis que vous débarquez, Emily, fille de l’impératrice vous saute au cou mais les nouvelles que vous ramenez sont mauvaises.
Quelques instants plus tard, de mystérieux assassins sortent de nulle part, tuent l’impératrice sous vos yeux et kidnappent Emily. Vous voilà accusé du meurtre de l’impératrice et sur le point d’être exécuté.
Mais c’est sans compter sur de mystérieux « rebelles » qui parviennent à vous libérer. Maintenant, à vous de choisir, allez-vous faire triompher la justice ou ne penser qu’à vous venger ?
Un gameplay complet... peut-être trop complet
Dishonored se présente comme un jeu d’infiltration en vue FPS, teinté de quelques éléments RPG. Sa filiation avec les références du genre que sont Deus Ex, Thief, System Shock ou encore Bioshock est donc évidente mais Dishonored parvient à amener sa petite touche personnelle, d’abord par son univers mais aussi par un gameplay adaptatif à l’extrême. Je m’explique.
Vous voulez vous la jouer fantôme en ne tuant personne et en ne déclenchant aucune alerte, c’est possible. Vous préférez vous la jouer bourrin en rentrant dans le tas façon FPS, c’est possible. A la réflexion, vous préférez tendre des pièges à vos ennemis et les regarder mourir dans vos champs électriques, c’est possible aussi. Vous voulez faire un mix des trois... Pas de problèmes.
C’est bien là que se situe la grande force du gameplay de Dishonored, chaque joueur peut créer son propre gameplay, depuis la pure infiltration jusqu’au bourrinage total. Et chaque gameplay a ses forces et ses faiblesses mais est globalement assez réussi. Ainsi, c’est à chacun de mener son histoire à son terme et si les développeurs mettent une tonne d’outils à la disposition du joueur, c’est pour mieux lui laisser le choix de ses armes.
Cette liberté permet à tout le monde de profiter du titre mais malheureusement, les joueurs les plus bourrins resteront pénalisés car ils rateront une grande partie de l’aventure. En bourrinage complet, je pense qu’on peut exécuter le titre en moins de 8 heures, alors qu’il faudra largement plus du triple pour ceux qui visent l’infiltration totale. Cette durée de vie en mode infiltration est bien sûr liée au rythme plus lent de l’aventure mais aussi au fait que près de 80% des à cotés ne se découvrent que dans ce mode infiltration.
Le jeu déborde en effet de missions secondaires, de livres cachés, de notes, de dialogues impromptus, de choix cornéliens,... à côté desquels on passe complètement si on ne fait que déclencher des alarmes et tuer des gardes.
Mais parlons un peu matos.
Corvo, en bon assassin, dispose d’une arme de base, son épée rétractible ainsi que d’une deuxième arme au choix parmi une bonne tripotée de matériels reprenant des grands classiques (fléchettes tranquillisantes, pistolet, grenade, ...) mais aussi quelques petites originalités (une mine qui découpe vos ennemis comme un saucisson).
A côté de ces armes « physiques », Corvo reçoit l’aide de l’Outsider, une entité magique mystérieuse, divinisée par une partie de la population et qui confère à Corvo des pouvoirs magiques déblocables moyennant la découverte de runes. Parmi ces pouvoirs, le clignement, une sorte de téléportation instantanée à quelques mètres sera certainement la plus utile. D’autres pouvoirs viendront agrémenter le gameplay comme la possession (de rat mais aussi d’humain), l’invocation d’une nuée de rats, ...
Corvo a donc à sa disposition une sacrée réserve de ressources pour mener à bien ses missions mais le joueur qui voudra jouer au fantôme n’en utilisera qu’une très petite partie, alors que le bourrin devra en permanence fouiller les poubelles à la recherche de rares munitions.
Vous l’aurez compris, libre à nous de décider comment mener notre mission à bien ainsi que le niveau de violence que l’on s’autorise. Après chaque mission (une petite dizaine au total), un résumé nous indique notre niveau de chaos, autrement dit le niveau de bordel que l’on aura créé dans la mission en prenant en compte les assassinats, les alertes déclenchées, etc.
En fonction du chaos généré, la suite du jeu change, le scénario s’adapte pour aboutir à une fin en accord avec nos actes pendant les missions. La rejouabilité est donc exemplaire et le bourrin qui aura exécuté une mission en 10 minutes pourra prendre tout autant de plaisir à la réussir sans déclencher d’alertes après 3 heures d’efforts.
Parlons donc encore un peu de ce gameplay d’inflitration.
C’est tout simplement l’un des meilleurs jeux d'infiltration auxquels j’ai pu jouer. Les gardes sont très réactifs au bruit et à tout ce qui passe dans leur champ de vision mais quasiment aveugle dans l’axe vertical, il faudra donc en permanence chercher à prendre de la hauteur. Le joueur qui veut terminer une mission en mode fantôme (sans mort et sans alerte) aura un sacré challenge car en plus des gardes actifs, il faudra également prendre soin des gardes neutralisés. Il ne faudra pas seulement les cacher, il faudra aussi les protéger des nuées de rats en les plaçant en hauteur, sinon ils risquent de se faire manger tout cru par nos amis poilus. Une brillante idée qui rajoute encore au challenge.
Pourtant, Dishonored, aussi réussi soit-il, n’a pas réussi à me convaincre totalement, en tout cas pas autant qu’un Deus Ex l’avait fait à son époque. Ainsi son univers très steampunk n’aura pas réussi à me faire rêver. Sans doute parce que je ne suis pas un grand amateur du genre ou alors est-ce la faute à un scénario très convenu et sans vraies surprises, un peu comme si les scénaristes s’étaient contentés de pondre un univers hyper complet sans lui donner une histoire à sa hauteur.
Au niveau du gameplay, je regrette beaucoup l’angle de vue très étriqué qui rend l’infiltration parfois hasardeuse, tout comme je regrette l’orientation tout public. Il faut être honnête, le titre ne se déguste que en y jouant en infiltration. Et même si déclencher une alerte n’est pas dramatique, je déconseille fortement l’approche bourrine qui fait passer à côté de 80% du jeu.
Enfin, reconnaissons que la technique de ce jeu est digne d’un autre âge. C’est particulièrement vrai sur console où Corvo fait peine à voir. Mais il est vrai qu’on ne joue pas à un jeu d’infiltration pour la beauté de ses graphismes.
Et pour terminer, la durée de vie, même quand on essaye de la jouer infiltration, m’a un peu déçue. Les premières missions sont incroyablement touffues avec de nombreuses missions annexes et une tonne de choses à faire ou à voir avant de mener sa mission à bien mais vers la moitié du jeu, on est confronté à des niveaux de moins en moins complexes et de plus en plus « linéaires ». Un peu comme si la date de sortie approchant, il avait fallu accélérer le rythme pour tenir les délais.
Conclusion
Dishonored est un très bon jeu d’infiltration dans un univers original et réussi, offrant au joueur une liberté d’action presque totale. Les développeurs d’Arkane Studios nous ont donné de beaux jouets et un objectif, à nous de choisir comment remplir notre mission en choisissant notre style et notre niveau de violence.
Dishonored est donc l’archétype même du jeu intelligent qui ne prend pas les joueurs par la main et qui vous laisse façe à vos responsabilités. Cette sensation est assez étrange au début, tellement nous sommes noyés par des jeux hyper-directifs mais c’est un vrai plaisir de ne pas être pris pour un décérébré et de pouvoir s’inventer soi-même son propre jeu.
Pour autant, Dishonored n’atteint pas le niveau de finition et de jouissance d’un Deus Ex, par exemple. Son univers très original, manque d’atome crochu et nombreux seront ceux qui ne s’attacheront pas à Corvo, l’assassin impérial.
Enfin, malgré son message libertaire de « jouez comme vous le souhaitez », il faut quand même avouer que ce n’est qu’en mode infiltration que le titre s’avère vraiment excellent aussi bien par son gameplay que par la profondeur de son histoire. En mode bourrin, vous en ferez le tour trop vite et en passant à côté de trop d’éléments essentiels.
Ma note : 8,5/10
dans Gaming, PC, PS3, Test, Xbox360 | Tags : dishonored, test, bethesda, arkane studios, infiltration
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[Preview] Dishonored, le meilleur de l'infiltration dans un univers résolument original
jeudi 13 septembre 2012 19:12 1 commentaire
Dishonored est le nouveau titre des français d’Arkane Studio, déjà responsable de l'excellent Arx Fatalis.
Et à une époque où l’infiltration est de plus en plus assistée, de plus en plus gâchée par de l’action frénétique, on pouvait avoir un peu peur de ce qu’ils allaient nous montrer.
Eh bien, le résultat est aussi hardcore qu’on pouvait le souhaiter !
D’abord, pour ceux qui n’ont pas lu notre précédente preview, ce titre se déroule dans un univers alternatif dont l’idée de base est d’imaginer comment le monde se serait transformé si la Renaissance n'avait jamais eu lieu et que la Révolution Industrielle avait été un peu différente. Ainsi, on se croirait en pleine époque Victorienne détournée en mode hyper technologique où l'on incarne Corvo, un assassin professionnel accusé du meurtre de l'impératrice du coin...
J’ai eu la chance lors de la Gamescom de pouvoir tester le jeu pendant une bonne heure de manière totalement indépendante. Souvent, quand on teste un jeu non-finalisé pendant aussi longtemps, il y a toujours un développeur qui vous tient la main pour éviter que vous alliez essayer tout et n’importe quoi et ainsi faire tout planter... Ici, j’étais en totale liberté, un peu comme notre héros dans le jeu, ce qui augure du meilleur.
Néanmoins, être lâché sans explications dans un titre aussi complexe à appréhender n’a pas que des avantages et j’ai bien mis 20 bonnes minutes à comprendre comment le jeu se joue et ce que je devais y faire... Mais je n’ai pas dû être trop mauvais puisqu’aucun développeur ne s’est rué à mon chevet comme pour bon nombre de mes voisins totalement perdu. A croire qu’Arkane faisait un test de QI pour "journaliste" jeu-vidéo ;-)
Ma mission consistait à infiltrer une soirée costumée, à identifier la maitresse de maison et à l’exécuter pour je ne sais quelle raison. Petit soucis, la maitresse de maison en question, Lady Boyle, est déguisée et j'ignore la nature de son déguisement.
J’ai donc démarré dans la ville sur une frêle barge avec des gardes et des sentinelles partout. Bref, l’idéal pour découvrir le jeu paisiblement... mais surtout pour admirer l’écran de reload ;-)
Dans cette mission, tout le monde ou presque est hostile. Les gardes mais aussi les « civils » presque tous drogués et à l’affut d’une victime facile. Evidemment, j’étais curieux de tester le système de combat au sabre, un système très original pour une vue FPS et je peux vous garantir que celui-ci, bien que très bien conçu, est loin d’être évident. Le combat est basé sur un timing de contre et simplement taper à répétition ne sera pas très efficace.
Au passage, j’ai aussi découvert à la dure que, oui, Dishonored est avant tout un jeu d’infiltration. Foncer dans un garde pour le tuer violement ne fera que déclencher une alarme qui rameutera tout ce que le quartier compte d’hostile et croyez mon expérience, difficile d'y survivre.
J’ai également découvert les nombreuses possibilités pour essayer de s’en sortir « silencieusement ». Ainsi, en plus des armes assez classiques (fléchettes, piqure de calmants, couteau de lancer, ...), nous avons également à notre disposition toute une série de pouvoirs dont certains vraiment originaux comme le contrôle des rats. Il y a donc de multiples possibilités pour passer une situation donnée ainsi que bien plus qu'un chemin unique pour progresser dans la mission. Le monde de Dishonored est incroyablement ouvert !
Après beaucoup d’efforts, j’ai donc fini par atteindre le videur de la soirée costumée, piquer un déguisement et une invitation et me faire passer pour un notable du coin. Commence alors une seconde partie du gameplay. Etant déguisé dans une fête costumée, nous sommes parfaitement libre de circuler où bon nous semble. A moins de sortir une arme ou de tuer quelqu’un, personne ne viendra nous embêter.
Tandis que j'essaie de déterminer l'identité de ma cible en tapant la causette avec les invités, je croise l'amoureux de ma cible qui me propose, en échange de la révélation de son déguisement, de l'amener dans un endroit bien précis pour qu'il l'assassine lui-même. Eh bien, moralement, on commence fort ! Si son propre amoureux veut la trucider, c’est qu’elle n’est pas nette la petite dame.
Cette impression d'une histoire très adulte est confirmée lorsque je retrouve ma « victime » dans un endroit isolé. Celle-ci imaginant bien pouvoir profiter de mon corps via quelques galipettes...
Au cours du dialogue qui suit, j’ai plusieurs choix, celui de la tuer directement, celui de l’assommer et de l’amener à son soupirant (ce qui revient quand même un peu au même) ou celui de la prévenir que le soupirant en question lui veut du mal.
Je ne sais pas comment le jeu gère les différents choix possibles qui peuvent donner une suite à l’histoire assez différente mais ce système de choix reste très enthousiasmant s’il est bien exploité. Au final, je choisis de l’assommer et tandis que je la transporte, un garde finit par se douter d’un problème et l’alerte est donnée... J'ai bien l'impression de ne pas avoir choisi la solution la plus simple...
Je progresse alors dans la résidence en tentant de me faire oublier mais je n’ai malheureusement pas pu en voir plus, le temps consacré à la démo touchant à son terme.
Dishonored est clairement un jeu très ambitieux.
Le succès de Deus Ex, l’année dernière a peut-être remis au goût du jour des jeux plus posés et moins débordant d’action. L’univers de Dishonored, un peu à l’image de Deus Ex est vraiment son point fort. Ce monde parait incroyablement réaliste, il déborde de vie et est original tout en restant crédible.
Le gameplay parait également tenir la route. Après une petite période d’adaptation, on comprend vite comment utiliser les différents pouvoirs et à rester discret.
Le seul bémol que je vois pour l’instant est la qualité visuelle du titre qui sur console est vraiment très moyenne. Autant sur PC, j’ai pu voir de belles textures, autant sur consoles, ce qui était affiché faisait peine à voir.
Voilà un titre qui aurait bien mérité une sortie sur Next-Next Gen.
Enfin, le scénario de cette seule mission était tellement intéressant que je suis curieux de voir ce que les développeurs nous réservent pour la suite.
Et, cerise sur le gâteau, il ne faudra plus attendre longtemps puisque Dishonored sortira le 12 Octobre sur PS3, Xbox 360 et PC.
dans Gaming, PC, Preview, PS3, Salons, Xbox360 | Tags : dishonored, infiltration, arkane studios, bethesda, preview, gamescom 2012
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[Test] Deus Ex : Human revolution, le jeu de l'année ?
jeudi 08 septembre 2011 19:45 5 commentaires
Autant être très clair, je suis un fan absolu du premier épisode de la licence Deus Ex, qui reste à mes yeux, le plus grand jeu de tous les temps. A l'inverse, Deus Ex 2 a sans doute constitué ma plus grande déception de tous les temps ;-)
Alors quand ce Deus Ex : Human revolution a été annoncé, je suis longtemps resté dubitatif sur ce que Eidos Montréal allait pouvoir produire sans le créateur de génie de la licence et du genre Deus Ex : Warren Spector !
Parce que, oui, Deus Ex est un genre à lui tout seul : FPS (surtout à cause de sa vue à la 1ère personne), infiltration, RPG, ... Impossible de caser ce jeu dans un genre particulier.
Même si pour ma part, c'est en infiltration, en ne tuant aucun ennemi et en piratant à tout va que je prends le plus mon pied sur ce jeu, chacun pourra y trouver son compte.
Il est ainsi tout à fait possible de se la jouer gros bourrin mais ce n'est pas forcément la méthode la plus simple et en plus, vous passeriez à côté de 90% de la finesse du gameplay de Deus Ex. Soyez prévenu, si vous cherchez un simple FPS, Deus Ex n'est sans doute pas fait pour vous. Ceci dit, les armes sont sympathiques, bien modélisées mais le gameplay FPS n'est pas le plus réussi. Mais si vous n'êtes pas aussi intégriste que moi et acceptez de déclencher quelques alarmes, vous pourrez facilement vous en sortir avec quelques coups de mitrailleuses avant de repartir en mode furtif.
Ca, c'est le Deus Ex que je connaissais début 2000, mon jeu culte mais est-ce que ce Deus Ex : Human Revolution a vraiment réussi le passage du millénaire ?
Sans hésitation, je dirai que oui. Même le gros intégriste de la licence que je suis y a trouvé son compte. Le jeu n'est pas exempt de défauts (j'y reviendrai) mais le gameplay est très proche de celui de l'original et Eidos a réussi le défi ultime, à savoir garder l'âme du gameplay original tout en le saupoudrant d'éléments modernes... Ils ont donc évité l'écueil Duke Nukem Forever et son gameplay d'une autre époque.
Par exemple, l'infiltration est toujours aussi jouissive et terminer une mission sans avoir déclenché la moindre alarme et sans avoir tué un seul garde est toujours aussi gratifiant.
Mais le gameplay n'est pas le seul point positif du jeu, bien loin de là, le scénario est également à la hauteur.
Pour ceux qui n'ont pas tout suivi, Deus Ex : HR est une prequel des évènements de Deus Ex I et II. Les augmentations sont donc moins évoluées et plus "mécaniques".
Vous incarnez Adam Jensen, chef de la sécurité chez Sarif Industries, leader dans le domaine naissant des augmentations. Tout se passait pour le mieux (hormis votre traumatisme léger puisque vous avez été viré des SWAT's pour avoir refusé d'exécuter une ado augmentée) jusqu'a ce qu'une attaque d'inconnus ne vous laisse pour mort vous, votre copine scientifique ainsi que toute son équipe. Heureusement (ou malheureusement) votre boss vous aime bien et vous sauve la vie, tout en vous greffant quelques gadgets un peu partout sans vraiment vous demander votre avis. Six mois plus tard, vous reprenez le travail, pile poil quand la société est à nouveau attaquée (peut-être que vous portez malheur...) mais cette fois, vos augmentations vont vous permettre d'enquêter sur ce qui se trame vraiment...
En plus de cet excellent scénario, Eidos a réussi à créer un univers à part, de la bonne science-fiction associée à un univers débordant de vie et de réalisme. Vous trouverez ainsi des centaines de livres vous contant en quelques phrases un petit bout de l'univers. Si la trame principale est passionnante, les quêtes secondaires s'imbriquent à merveille dans le scénario et je ne peux que vous conseiller de les dénicher et de les réaliser au risque de passer à côté d'une bonne partie du superbe scénario.
L'ambiance est, elle aussi, à la hauteur car même si les passants sont un peu statiques et que nous ne sommes certainement pas dans un open world, les villes débordent de réalisme et m'ont véritablement prises au piège. Soyez prévenu, ce jeu est immersif à souhait et vous ne verrez pas le jour se lever en vous y plongeant pour une petite partie d'une heure avant d'aller dormir.
Et pourtant tout n'est pas rose dans le monde d'Adam Jensen. Car oui, même si j'ai été totalement convaincu par ce jeu, il y a quelques éléments qui fâchent mais juste un peu, histoire de se réconcilier plus facilement.
D'abord, beaucoup ont commenté la faiblesse technique "apparente" du jeu... Pour ma part, cela ne m'a pas gêné. Les développeurs ont décidé de ne pas faire dans le photoréalisme et pour de la science-fiction, cela n'est pas choquant. Dommage que les cinématiques ne soient pas plus flamboyantes car en dehors de la séquence d'intro qui m'a donné des frissons, on ne retrouve plus par la suite la même intensité. Il est donc vrai que le jeu aurait pu être plus beau mais vu la profondeur du gameplay proposé et la qualité artistique de l'univers, ce n'est certainement pas un point qui m'est apparu comme un réel défaut.
S'il faut retenir un élément technique vraiment gênant pour le réalisme, ce sera sans aucun doute l'IA des ennemis. Alors oui, quand on a plus fait d'infiltration depuis un moment, le début du jeu est prometteur... On se fait griller bêtement et on admire les gardes omniscients et puis, petit à petit, les souvenirs reviennent (Deus Ex, c'est comme le vélo, ca ne s'oublie pas) et on retrouve ses petits "trucs" pour passer à côté des gardes et on découvre qu'ils sont en fait complètement idiots. Oui, ils réagissent aux portes ouvertes ou aux bruits excessifs mais d'un autre côté, ils ne remarquent pas les traces de notre passage (armes, cartons déplacés, etc) et on peut très facilement les éviter en restant bien accroupi. Rien de bien embêtant pour le plaisir brut mais une petite déception quand même qui nuit à la cohérence de l'univers.
Enfin, dernier gros défaut à mes yeux : comme je l'ai dit plus haut, on profite le plus du jeu en mode infiltration et en se fixant soi-même ses objectifs comme, par exemple, ne tuer personne. Alors, mettez-vous à ma place...
Vous réussissez péniblement, à coup de reload, à terminer l'acte I sans aucune alarme, ni aucun meurtre et voilà qu'un "boss" se pointe et que vous vous retrouvez coincé dans une pièce minuscule, avec un fou furieux qui veut vous tuer... Et là, pas d'infiltration qui tienne, vous devez vous battre comme dans un FPS mal foutu et à la fin, Adam tue toujours son ennemi, sans vous donner le choix. Non seulement ces "boss" ne sont certainement pas les passages les plus réussis mais ils m'ont laissé un certain arrière-goût, un peu comme si Eidos venait de me gâcher ma partie. Dommage !
Conclusion
Deus Ex : Human Revolution, malgré ses quelques imperfections, est une fabuleuse réussite. Un vrai Deus Ex qui ne trahit pas la genèse de son illustre aîné avec un gameplay exceptionnel qui, même sans scénario, parviendrait à me captiver. Alors, si vous rajoutez un scénario cohérent, des choix permanents avec un réel impact sur la suite de l'histoire et une ambiance futuristique vraiment immersive, vous obtenez peut-être le meilleur jeu de l'année.
A mes yeux, et malgré les jeux qui s'annoncent pour fin 2011, Eidos a peut-être bien signé le jeu le plus original et le plus abouti que j'ai vu depuis longtemps.
Une petite perle que tout gamer qui se respecte se soit de posséder et de retourner dans tous les sens.
Mais attention, ce jeu s'adresse aux grands garçons (ou aux grandes filles) car il n'est pas d'un abord facile et vous pourriez mettre un certain temps à l'apprivoiser. Mais la satisfaction qu'il apporte vaut largement cet investissement initial.
Un must have !
Note : 9/10
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