[Test] Sniper Ghost Warrior 2, sniper un jour sniper toujours 
par Quantic

jeudi 11 avril 2013 18:47 0 commentaire

 sniper host warrior 2,sniper,city interactive,test

La vie d’un sniper n’est pas facile tous les jours : ramper dans la boue couvert d’un camouflage d’orties, se coltiner un équipier lourdingue, sauver le monde d’un péril biologique et je ne vous parle même pas du retour de mission quand il faut tondre la pelouse de sa charmante résidence de banlieue américaine. Pas facile tous les jours, je vous le dis...

Et c’est pour cela que City Interactive a trouvé un potentiel sans limite à la vie trépidante d'un sniper pour en faire un jeu-vidéo. Plus connu pour être les spécialistes de petits jeux vite développés, vite vendus, vite oubliés, les petits polonais de City Interactive avaient touché le pactole il y a quelques années avec la sortie de Sniper Ghost Warrior. Un jeu de niche par excellence, pas particulièrement inoubliable de surcroit mais dont les ventes ont été suffisamment bonnes que pour les encourager à nous proposer un second épisode.

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Il faut dire que le sniper est une unité qui a toujours fait fantasmer les masses. Pensez-y : être capable de coller une balle entre les deux yeux de son prochain à plusieurs centaines de mètres de distance, c’est un peu le crime parfait. C’est d’ailleurs étonnant de constater l’aura qui entoure cette unité alors que le sniper peut plutôt être considéré comme le couard de service. Celui qui tue à distance et couvre ses petits camarades qui sont en première ligne. Et pourtant, je l’avoue, même moi, j’étais curieux de découvrir ce que City Interactive nous réservait.

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Un scénario de série Z

Avouons-le, ça ne commence pas fort avec un scénario à dormir debout qui multiplie tous les clichés du cinéma d'action "Made in USA" (un comble pour des Polonais) réunis en même temps. De "méchants" mercenaires russes opportunistes vendent une arme biologique à un "méchant" terroriste arabe tandis que vous vous débattez entre un supérieur vindicatif, un équipier un peu trop aigri que pour être honnête et un frère d’arme aussi maladroit que vous êtes doués. Rien qu’à l’écrire, ça me donne mal à la tête. Mais bon, on savait qu’il ne fallait pas non plus s’attendre à une analyse détaillée de la géopolitique mondiale.

Au niveau technique, on pouvait espérer le meilleur puisque c’est quand même le Cry Engine 3 qui est exploité mais ce dernier se montre quand même en petite forme. Quand on sort d’un Crysis 3, on est en droit de se dire que ce qui est affiché n’est pas très folichon même si globalement, on reste au-dessus de la qualité moyenne des FPS actuels. A noter quand même que si le jeu s’en sort de justesse, les cinématiques sont d’une laideur sans comparaison possible. Heureusement il y en a très peu.

Côté sonore, c’est du tout bon avec des fusils (malheureusement peu nombreux) qui pètent bien même si on doit supporter tout au long du jeu la respiration « peu engageante » de notre héros. J’hésite un peu entre l’asmathique chronique et le fumeur de substances illégales en plein trip.

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Et le gameplay dans tout ça ?

Et oui, c’est quand même ça le plus important. Et on sent bien que faire vivre une mission de sniper n’est pas chose facile. Là où les copains friqués que sont Call of Duty ou Battlefield peuvent proposer une foule de gameplay alternatif pour faire passer le temps, ici, l’action a tendance à vite se répéter. Pourtant, la première mission annonçait un jeu intéressant. On s’infiltre en territoire ennemi en suivant les instructions de son coéquipier et on aligne les cibles pendant que les copains font tout péter. Je l’avoue, les premières balles sont même jouissives. Bon, par contre, ils se sont un peu ratés sur les animations de mort des ennemis, donc vous pouvez désactiver le ralenti dramatique pour éviter l’effet mannequin désarticulé un peu ridicule.

Si le jeu parvient à bien représenter la vie d’un sniper lors des combats à distance, les situations se répètent malheureusement très vite : Infiltration, élimination au silencieux ou au couteau des cibles proches, installation du stand de tir au pigeon et exécution. Et on recommence à la mission d’après… Heureusement, le solo est assez court : 10 missions pour maximum 6 heures de jeu. Cette durée de vie assez courte est certes un défaut mais elle évite le syndrome de la répétition à l’infini. Je dois d'ailleurs avouer qu’en terminant le jeu, je n’avais vraiment plus envie de compléter les défis supplémentaires.

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Bref, si le gameplay est très représentatif de la « réalité », il montre aussi qu’un jeu de sniper reste un jeu de niche sur lequel on ne passe pas des dizaines d’heures.

Les petits gars de City Interactive auraient pu sauver la soupe en se la jouant « Hitman », autrement dit en vous débarquant  d’un côté de la map et en vous laissant seul face aux ennemis. Malheureusement, ils ont décidé de se la jouer grand spectacle et scripts envahissants. Ainsi, même si on se bat dans un environnement ouvert, de nombreux murs invisibles vous bloquent le passage s’il vous vient à l’esprit de ne pas écouter les ordres de votre équipier. Celui-ci est d’ailleurs particulièrement envahissant : Avance, cours, baisse-toi, tire, ne tire pas, ... Bref, on a vite envie de lui coller un coup de silencieux. Le jeu s’avère donc ultra linéaire tout en ne proposant pas une mise en scène à la hauteur.

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Finalement, l’intérêt principal reste le moteur de simulation balistique très bien implémenté qui prend en compte le vent et la distance mais aussi votre rythme cardiaque. Et le tout est suffisamment bien emballé  pour conserver son intérêt même après 250 tirs. Attention quand même à la difficulté facile et normale où un petit réticule apparait à l’écran pour vous indiquer le point d’impact réel de la balle. Une bonne idée pour que les débutants ne s’arrachent pas les cheveux mais qui enlève quand même une bonne partie de l’intérêt du jeu. Bref, jouez en mode difficile si vous voulez vraiment ressentir le stress du tireur obligé de corriger sa visée tout en contrôlant sa respiration. 

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Un multi parce qu’il en faut un

Avec sa durée de vie très courte, on pouvait s’attendre à trouver un multi bien fourni, un peu à l’image de tous les FPS modernes qui compensent leurs carences solo par un multi très abouti. Il n’en est rien ici puisque seul un mode de jeu est disponible (le bon vieux Team Deathmatch) avec deux malheureuses cartes.

Ces dernières s’avèrent assez bien pensées puisqu’elles font la part belle aux combats à distance tout en proposant aux plus valeureux des passages à découvert pour aller faire mumuse à courte distance. Dommage que les quelques parties que j’ai réalisées ont été pourries par un lag insupportable. Dommage également que les tireurs embusqués ne soient pas mieux révélés lors d’un tir raté. Bref, un multi « service minimum » qui n’accrochera que les plus passionnés.

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Conclusion

Sniper Ghost Warrior 2 réussit plutôt bien à nous mettre dans la peau d’un sniper tout en n’évitant pas le sentiment de répétitivité un peu inhérent à cette activité. Le jeu s’avère dont vite lassant malgré de bonnes bases techniques et une impression de toute puissance plutôt bien retranscrite.

Vendu à petit prix, le rapport qualité/prix s’avère plus intéressant que la moyenne. Bon, je l’avoue, à 20 euros, je l’aurais presque conseillé mais à 40 euros, les 6 malheureuses heures de sniping solo complétée par un multi rachitique font quand même un peu juste, mais il faut quand même souligner l’effort budgétaire.

Malgré ses défauts, Sniper Ghost Warrior 2 reste un jeu intéressant pour les passionnés de sniping ou simplement ceux qui veulent découvrir cet univers très « hollywoodien ». Pour les autres, vous êtes prévenus, ce n’est pas un FPS classique que vous avez entre les mains et vous risquez d’en faire le tour très vite.

Ma Note : 5,5/10


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